Musée de Baden


Joseph Le Brix

Un enfant du pays  -  Une gloire nationale


"Un regard qui éclairait et ennoblissait ce qu'il touchait. Le Brix ne remarquait rien qui fut laid et pouvait aborder ainsi avec une splendide confiance hommes et choses" : Antoine de Saint-Exupéry.

Joseph Marie Le Brix est né à Baden le 22 février 1899. 

Son père Joseph, maire de la commune, fait carrière dans la Marine nationale où il a accédé au corps des officiers des équipages. Son fils sera officier de marine.


Après de brillantes études, à l'école publique où il est boursier, puis au lycée Jules Simon de Vannes, il entre à l'École navale le 2 avril 1918 puis au lycée de Lorient "Dupuy-de-Lôme réputé pour sa classe préparatoire au concours d'entrée de l'Ecole navale où il entre le 2 avril 1918.

En 1919, il commence sa campagne de navigation sur le croiseur cuirassé "Jeanne d'Arc".

En 1921, lors d'une escale au Pérou, enseigne de vaisseau sur le croiseur "Jules Michelet", il rencontre Bernard de Romanet, un as de l'aviation en 1914, qui lui donne le baptême de l'air. C'est pour lui une révélation ! A son retour en France, il demande à passer dans l'Aviation maritime. Il a 22 ans.

Breveté pilote d'avion et d'hydravion, il est affecté à l'escadrille 5B2 où il prend les fonctions d'officier en second durant la guerre du Rif et l'enseigne de vaisseau Le Brix se distingue : le 28 octobre 1925, il est décoré de la croix de guerre des théâtres d'opérations extérieurs avec palme.

Le 7 juillet 1926, il est élevé au grade de chevalier de la Légion d'honneur. Il est promu lieutenant de vaisseau le 24 décembre 1926.

Sa conduite, au cours d'une grave panne en Mauritanie, lui vaut d'être cité à l'ordre de l'Armée et proposé pour le grade d'Officier de la chasse à Saint-Raphaël. Il rejoint l'école de l'Aviation maritime d'Istres.

 


La Société Breguet Aviation recherche un navigateur pour faire équipage avec Dieudonné Costes afin de traverser l'Atlantique Nord de Paris à New-York. L'avion existe : c'est le "Breguet XIX Grand Raid".

Joseph Le Brix obtient un congé sans solde de 6 mois pour tenter l'aventure. Mais il est trop tard dans la saison, les vents sont défavorables.

La décision est vite prise : ils traverseront l'Atlantique Sud du Sénégal au Brésil.

Partis le 10 octobre 1927 à bord de leur Breguet baptisé "Nungesser-Coli", ils relient d'un seul coup d'aile Paris à Saint-Louis du Sénégal.

Ils traversent l'Atlantique Sud, sans escale, sur 3 200 km en 18 h 05 de vol. Ce sont les premiers aviateurs à effectuer cette prouesse.

Les principales escales suivantes seront : Rio de Janeiro, Buenos Aires, Santiago du Chili, Lima, Panama (où ils rencontrent Lindbergh, le vainqueur de l'Atlantique Nord), Mexico, New-York, San Francisco. Là, leur avion est démonté et embarqué sur un paquebot, ils rejoignent Tokio*.

Et du 8 au 14 avril 1928, ils relient Paris dans un "sprint" final ébouissant !

Du 10 octobre 1927 au 14 avril 1928, Le Brix et Costes ont parcouru, en 43 étapes, 57 410 kilomètres en 342 heures de vol, à la moyenne de 167 km/h et en 187 jours d'absence.

Les réceptions triomphales se succèdent. Notre héros, promu officier de la Légion d'honneur le 21 octobre 1927, participe en 1929 à deux tentatives de raid vers l'Extrême-Orient. Elles se soldent toutes deux par des échecs.

En 1931, chef de bord du "Trait d'Union", il bat huit records du monde de durée et de distance en circuit fermé. Après cet exploit, il tente, avec Marcel Doret et René  Mesmin, le 12 juillet 1931, de relier Paris à Tokio*, sans escale. Une panne de moteur, au-dessus de l'Oural, les oblige à faire un atterrissage forcé. Les trois compagnons sont indemnes.

Le 11 septembre, ils repartent à bord du "Trait d'Union II".

L'avion s'écrase dans la même région. Seul Doret échappe à la catastrophe.

 

 


Les funérailles nationales de Le Brix et Mesmin se déroulent le 26 septembre 1931 à Notre-Dame-de-Paris et une cérémonie funèbre a lieu le 29 septembre à Baden où repose Joseph Le Brix, marin et aviateur héroïque.

Il avait 32 ans.

A travers des panneaux d'exposition on peut découvrir la vie et les exploits de cet homme d'exception.

De nombreux objets venant de la famille, de collections personnelles et d'acquisitions sont exposés.
 

* à l'époque de Joseph Le Brix Tokio s'écrivait bien de cette façon et non Tokyo comme aujourd'hui.
 

110ème anniversaire de sa naissance

75ème anniversaire de sa mort

Passage de la Patrouille de France

Album photos